déc
23

Pourquoi est-il contre-productif d’avoir plus de 30 heures de cours par semaine en prépa ?

Article tiré du site www.coursdefrance.com

Entendu au dernier Salon Studyrama :   « Re bonjour Monsieur, on revient vers vous parce qu’une autre prépa sur Marseille nous présente une formule de 20 semaines comprenant 36 heures de cours ! Alors que vous, vous nous présentez 25 semaines de cours de 23 heures ?  »

Eh oui, et nous l’assumons !

Nous sommes persuadés et convaincus qu’un concours se gagne par l’adéquation entre une équipe enseignante expérimentée et le travail personnel de chaque élève sur la longue durée ! Or, comment travailler et enrichir son vocabulaire, faire et refaire ses QCM de tests psychotechniques ou de biologie en temps limité, apprendre les capitales de tel ou tel pays en culture générale, si l’on reste toute la journée en classe ?

Il est nécessaire que les élèves aient le temps d’approfondir telle ou telle leçon, de refaire certains exercices, ou de préparer le cours suivant ! C’est pour cela que notre rentrée a lieu très tôt en septembre ; c’est pour cela que nous étalons nos cours de septembre à avril ; et enfin c’est pour cela que nous organisons nos journées de travail par demi-journées:  cours le matin, approfondissement*, révision et préparation l’après-midi !

Nous accompagnons nos élèves jusqu’au bout (y compris après la fin des cours, s’ils ont besoin de faire encore quelques oraux blancs…), mais nous ne passerons jamais les concours à leur place ! Ce sont eux et eux-seuls qui, in fine, passent leurs concours ! Et qu’ils réussissent ou qu’ils échouent, nous assumons notre part de responsabilité**… Mais ce sera toujours à eux que reviendra le plus grand mérite !

** A ce sujet nous assumons une autre spécificité de notre école… Car qui de mieux qu’une orthophoniste pour préparer à l’oral du concours d’orthophonie ? Et qui de mieux qu’un infirmier pour préparer à l’oral du concours d’infirmier ?

* Chaque après-midi, les élèves peuvent rester dans nos locaux : nous leur proposons des dictées, nous répondons à leurs questions, nous mettons à leur disposition de nombreux et précieux sujets d’annales de concours, des livres, des manuels, des sujets type-concours…

nov
18

Macron, ma grand-mère & le Medef… Et si l’on changeait de jour férié ?

Le 11 novembre est mort ! Vive le 13 novembre !

Devant le choc que constituent les attentats de vendredi dernier, pourquoi ne pas faire du 13 novembre un nouveau jour férié ? En savoir plus »

nov
18

L’Alcazar fait bien les choses !

« Sept lettres pour un mot qui ferait rêver tout joueur de Scrabble : ALCAZAR.

En 1889, Paris obtenait sa tour Eiffel ; Marseille une nouvelle entrée pour son célèbre théâtre : une lyre et un nom gravé sur un immense fronton semblant avancer sur la rue : ALCAZAR.

Hier salle de spectacle, le 52 cours Belsunce accueille aujourd’hui une bibliothèque. Respectueuse de son ancêtre, cette dernière a gardé le nom de cet ancien temple du music-hall : l’Alcazar. Il faut dire que « bibliothèque Saint Hommebon » aurait certainement moins attiré l’attention. Pourtant, c’est bien un monastère dédié à ce saint (que je ne saurais voir ?!) qui occupait les lieux jusqu’à la Révolution, avant d’accueillir une éphémère prison puis la modeste « Auberge Neuve ».

À partir de 1857 donc, et jusqu’en 1966, l’Alcazar devient un haut-lieu de la culture et du spectacle à renommée nationale et internationale. Au fil des ans, il fait office de café-concert, d’opéra, de théâtre mais aussi de cinéma, de ring pour matches de catch, ou encore de festivals de danse ou de jazz.

Comédiens, musiciens, jongleurs, danseurs, mimes … Tous, artistes débutants ou confirmés, ou presque sont passés par l’Alcazar.

Les Marseillais voient ainsi gesticuler un certain Fernand Contandin qui ne s’appelle pas encore Fernandel, et s’époumoner un autre prénommé Fernand qui s’appelle déjà Sardou (généalogiquement fils de l’acteur Valentin Sardou, père de Michel le chanteur et grand-père de Romain l’écrivain…)

De même, en 1933, pendant qu’un petit moustachu prend le pouvoir en Allemagne, un grand imberbe corse et gominé lance sa carrière à Marseille. Tino Rossi sera suivi de peu par Yves Montand qui débute en chanson par les « Plaines du Far West » composé par un autre Marseillais, Charles Humel.

La liste est loin d’être exhaustive et l’on pourrait évoquer les passages de Maurice Chevalier, les triomphes – chauvinisme oblige – de Pagnol, ou encore les débuts dans les années 1960 d’un certain Johnny Halliday…

Finalement, l’Alcazar est quelque part l’ancêtre du plus grand cabaret du monde, sans Patrick Sébastien mais avec sa perruque, et se rapproche de la Nouvelle Star pour son sévère jury. Car, tout autant que la qualité de ses artistes, c’est celle du public qui a fait la réputation de l’Alcazar. Un public expressif et facilement contestataire auquel on prête les faits d’armes les plus inédits. En effet, l’Alcazar est aussi le lieu de la galéjade et du souvenir de celle-ci : celle qu’on lit chez Pagnol, mais aussi dans les journaux, qu’on répète à l’envi à son voisin ou dans les cafés. Tant et si bien que l’anecdote, déformée voire inventée, devient légende, et qu’il est probable que le téléphone arabe ait bien été inventé à Marseille, bien avant que Belsunce ne deviennent un lieu d’immigration du Maghreb et d’ailleurs…

Mais comme aujourd’hui les institutions culturelles marseillaises la traversent, l’Alcazar a aussi connu la crise.  Concurrencé par le cinéma dès le début du XXe siècle, l’Alcazar se résout à ouvrir des salles de projection. Puis, au sein même de la ville, le théâtre des Variétés, rue Vincent Scotto, fait de l’ombre à son confrère du cours Belsunce. Enfin, l’effet combiné de la concurrence télévisuelle, et le départ des classes bourgeoises du centre-ville entraînent la faillite de l’institution en 1964. Un an et demi plus tard, l’Alcazar rouvre ses portes pour ce qui sera sa dernière saison : les passages des Claude François, Rika Zaraï, Eddy Mitchell, Barbara et autres Guy Bedos et Hervé Villard n’y changeront rien. L’Alcazar ferme définitivement ses portes le 9 août 1966, à la fin d’une séance de cinéma au titre désespérément allégorique : « Pour qui sonne le glas »…

Abandonné et transformé en entrepôts, l’Alcazar perd sa raison d’être puis la mémoire lorsque qu’un incendie brûle ses archives en 1969. Son souvenir s’évapore quand les années 1970 en font un magasin de fringues parmi d’autres du cours Belsunce.

Il faut attendre une décision municipale de décembre 1997 pour que les lieux  retrouvent leur vocation culturelle. Ouverte en 2004, la nouvelle bibliothèque conserve le prénom d’Alcazar mais comme si cet héritage honorifique ne suffisait pas, elle s’est octroyée un titre de noblesse en forme d’acronyme : BMVR pour Bibliothèque de Marseille à Vocation Régionale.

Aujourd’hui, l’Alcazar ne chante plus. Au grand dam des usagers, le silence n’est brisé que par la seule la voie peu mélodieuse du micro annonçant de façon brutale et peu esthétique les évènements culturels de la bibliothèque.

En revanche, l’Alcazar danse encore. Les petits rats de l’ancien opéra sont devenus de grands rats de bibliothèque. Et de nouveaux petits rongeurs apparaissent désormais en fin d’après-midi : dès la sortie des classes, des minots se ruent par essaim auprès des nombreux ordinateurs de la bibliothèque. Les flux désordonnés des usagers sont, eux, concurrencés par le ballet maîtrisé des agents de sécurité. Ces derniers sont si nombreux qu’en un jeu de mots facile, que les lettrés appellent « paranomase », l’Alcazar pourrait facilement devenir Alcatraz. ! Face à cette omniprésence de vigiles, la direction de la BMVR avance des raisons sécuritaires liées au plan Vigipirate. Mais que le terroriste se rassure ! L’ouverture des sacs imposée à l’entrée n’est que symbolique (et fatigante pour l’usager !). Symbolique d’une fermeture d’esprit où une règle est bêtement et inefficacement appliquée…

Mais là où l’Alcazar fait bien les choses, c’est dans la prise en compte du handicap. Ainsi, des baguettes en fer ou des plans de repérage en braille aiguillent les déficients visuels. Un ascenseur permet également un accès direct aux trois étages de la bibliothèque. Mais que le sportif soit également rassuré ! Il pourra aussi sculpter ses mollets en grimpant les 84 escaliers qui l’amèneront au dernier étage dédié au patrimoine et à la civilisation. Enfin, tous le monde pourra escalader l’échelle du savoir en dévorant les 350 000 documents en libre accès de la BMVR. D’ailleurs, Alcazar et coïncidences,  quand vous aurez fini d’éplucher tous ces ouvrages, vous saurez pourquoi une tribune du stade Vélodrome porte le nom de Gustave Valentin Ganay, marseillais né en 1892, et électricien à… l’Alcazar ! »

Chronique parue en 2011 dans l’éphémère journal en ligne newsofmarseille…

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