Sep
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Marseille 1920, mystères et crimes il y a cent ans – NOUVEAU

10 bonnes raisons de vous procurer « Marseille 1920 » (éditions Gaussen)

1. Parce qu’une des premières lectrices a dit que la couverture était belle, et qu’on pouvait même l’exposer chez soi…

2. Parce que les titres et sous-titres sont percutants (le reste est très mal écrit bien évidemment…)

3. Parce que, pour ceux qui n’aiment pas lire, il y a des images aussi !

4. Connaissez-vous les salopettistes ? Gaby Deslys ? Et le couple Daurat très explorateur ? Non ? Alors les réponses vous attendent dans ce livre… En savoir plus »

Mar
14

LE COURS D’ESTIENNE D’ORVES

« Résister est un verbe qui se conjugue au présent » aimait à répéter feue Lucie Aubrac, figure de la Résistance, comme l’était également Honoré d’Estienne d’Orves. Un militaire dont la particule vient d’un village abandonné au Moyen-Âge dans les collines varoises : Orvès. Sa particularité, elle, est d’être devenue le premier officier de la France Libre fusillé par les Alcpa cours d'estienne d'orveslemands. Son exécution parmi celle d’une centaine d’otages le 29 août 1941 au Mont-Valérien, a lieu à quelques kilomètres seulement de Verrières-le-Buisson, la banlieue parisienne natale du jeune marin fusillé.

Alors, Marseille, ville de mer, et mère de marins, choisit par délibération du 23 janvier 1945 d’honorer la mémoire de ce fils provençal. Guy Môquet n’était pas encore à la mode, et Honoré d’Estienne d’Orves pourra ainsi côtoyer un autre martyr d’une rue voisine et d’une autre époque : saint Ferréol.

Historiquement, la place a d’ailleurs souvent été convertie, tant et si bien qu’aujourd’hui, on y marche sur l’eau ! 1945 ans après Jésus-Christ en effet, le cours d’Estienne d’Orves débaptise le quai du canal, qui devait son nom au canal de la Douane, artère fluviale du siècle passé reliant le quartier des Arcenaulx au Vieux-Port.

           Mais le Cours d’Estienne d’Orves nage entre deux eaux puisqu’il s’étend à l’ouest sur l’ancienne place aux Huiles. Rien à voir avec l’influente bourgeoisie qui vient se montrer, au cœur du Cours, au restaurant des Arcenaulx appartenant à la dynastie marseillaise des Laffitte. Arcenaulx et vieilles dentelles… Aucun rapport non plus avec la station Shell, sise pendant longtemps à l’entrée du Cours, et qui, elle, avec son parking aérien inauguré en 1965 n’a pas fait dans la dentelle ! Non ! La place aux Huiles, qui n’est aujourd’hui plus qu’une placette sur le Vieux-Port, doit son nom aux huiles embarquées et surtout débarquées pour les fabriques de savon de la rue Sainte.

Enjambé de six ponts mobiles en bois, l’ancien canal de la Douane faisait de Marseille une petite Venise. Mais loin de la botte italienne, ce bras de mer a permis aux entreprises marseillaises de corderie, savonnerie et autres manufactures de prendre pied dans le commerce méditerranéen. Une vocation commerciale qui supplée au XVIIIe siècle, la vocation militaire d’origine.

            En effet, près d’un demi millénaire avant qu’Honoré d’Estienne d’Orves n’entre sur le croiseur école « Jeanne d’Arc », le roi de France Charles VIII, surnommé l’Affable, décide en 1488 de la construction de plusieurs tercenaux. Pluriel de « tercenal », ce mot singulier désigne un hangar pour les galères, d’où le nom d’ « Arsenal des Galères ». Aucun rapport avec le club de football anglais même si les deux ont les mêmes étymologies et origines militaires. Les galères étaient ces navires à rames et voiles mues par la force musculaire d’esclaves et de repris de justice. Il faudrait imaginer aujourd’hui les locataires des Baumettes serrés comme des anchois sur le Ferry Boat… Difficile, non ?! De fait, cette tradition nautique ne se retrouve plus aujourd’hui que chez quelques badauds étendus de tout leur long sur le Cours dans une version terrienne mais bien arrosée de la route du Rhum…

             En revanche, les galères de l’époque, appelées justement travaux forcés, rejoignent certains dysfonctionnements du système pénitentiaire actuel si l’on en croit Victor Hugo dans Les Misérables : « Les galères font le galérien. Recueillez cela, si vous voulez. Avant le bagne, j’étais un pauvre paysan, très peu intelligent, une espèce d’idiot ; le bagne m’a changé. J’étais stupide, je suis devenu méchant ; j’étais bûche, je suis devenu tison. »

Fermées en 1749, les galères continuent aujourd’hui dans le centre de Marseille avec l’épineux sujet du stationnement. Car si le canal de la Douane est comblé en 1927, la place est aussi sec inondée. Un flot de voitures qu’il a fallu canaliser aussitôt ! Contre vents et marées, l’Association des Arcenaulx et Jeanne Laffitte ont ainsi combattu, de longues années durant, le parking aérien finalement détruit à l’été 1987. Par pudeur, les voitures aujourd’hui se glissent dans un espace souterrain invisible, également baptisé du nom d’Estienne d’Orves. Ainsi depuis 1989, le cours d’Estienne d’Orves est devenu une esplanade pour piéton repensée par l’architecte Charlie Bové. Côté impair, c’est le côté Bové (José !) qui s’exprime avec, à l’opposé du Mac Do de Millau, le restaurant gastronomique des Arcenaulx. Et côté pair et mer, c’est le côté Charlie (Chaplin !) qui s’exprime par les artistes qu’attirent l’esplanade et ses petits bars et restaurants. L’ensemble fait penser à une place à l’italienne, si bien qu’avec quelques pigeons en plus et des SDF en moins le Cours d’Estienne d’Orves prendrait des airs vénitiens de Piazza San Marco, sorte de place Saint-Marc en miniature. Mais nulle basilique à l’horizon pour l’un des rares sites marseillais vierge de tout temple religieux. Même la foire aux santons, d’essence catholique, est désormais délocalisée sur la Canebière ou place du Général de Gaulle, autre figure de la Résistance. À Marseille, cette dernière s’est illustrée sur le futur Cours d’Estienne d’Orves en exécutant le collaborationniste Jean Phyaly, plume chez Gringoire dont l’âme s’est envolée en janvier 1944. Un passé composite qui n’est pas simple et dont certains impératifs nous échoient encore à présent : « Résister est un verbe qui se conjugue au présent » !

Nov
20

LA GARE SAINT-CHARLES – Histoire(s)

« Le gorille est supérieur à l’homme dans l’étreinte. Bien des femmes vous le diront… » et celles des hôtels de passe jouxtant Saint-Charles vous le confirmeront ! « Gare au Goriiiiiiiiii…..lle ! » fredonnait Brassens pour qui le singe n’a jamais connu de guenon comme celle statufiée aux pieds des escaliers de la gare. Œuvre du statuaire marseillais Louis Botinelly, ce primate entouré d’un masque africain et d’une défense d’éléphant rappelle le temps des colonies. Bénies par Gaston Doumergue, président de la République, lors de l’inauguration en 1927, ces cent quatre marches relient la gare au centre-ville. Terminus du boulevard d’Athènes, ces escaliers monumentaux prennent le train en marche puisqu’ils ne sortent de terre que dans les années 1920 alors que la gare a été inaugurée en toute vapeur en 1848. Que ce soit pour la gare marseillaise ou pour la Seconde République naissante, il reste encore beaucoup de chemin de fer à parcourir… Le bâtiment voyageur n’est ainsi achevé qu’en 1858 quand la France mène grand train sous le Second Empire.Gare saint charles - proximité prépa

Mi-frère Pereire, mi-baron Haussmann, Paulin Talabot, polytechnicien et homme politique, est la locomotive du projet de la gare Saint-Charles. Outre la construction du bâtiment avec Gustave Desplaces, on doit à Talabot l’idée d’une ligne Marseille-Avignon et la mise au point d’un tunnel de 4,5 km sous les collines de la Nerthe. Massif trait d’union entre Marseille et la vallée du Rhône, ce tunnel passe sous la tutelle de la Compagnie des Chemins de fer de Paris à Lyon et à la Méditerranée créée en 1857. Abrégée en PLM, elle est abrogée en 1938 lors de la création de la SNCF.

Une compagnie qui se nationalise, une pratique qui se généralise et des trains qui s’uniformisent. La SNCF supprime les wagons de troisième classe en 1956 tandis que la vapeur se démocratise… En effet, aujourd’hui, ce ne sont plus les locomotives mais des voyageurs sans entrain qui ont des vapeurs à la vue des retards annoncés sur les écrans.

Des petits écrans qui ne consoleront pas le nostalgique cinéphile. Celui-ci regrettera de ne plus voir à Saint-Charles l’arrivée d’un train de la gare de La Ciotat. Les Lumières s’éteignent aussi avec la Bête humaine qui n’ira plus au charbon. Depuis Renoir et Zola, l’alcoolisme a d’ailleurs changé de camp mais reste à quai. Valises sous les yeux, les regards hagards et les voix éraillées, les chemineaux voient sur les rails et les voies leurs homonymes cheminots travailler.

 Travailler ou râler car une grève peut en cacher une autre… Des mouvements souvent raillés par des voyageurs qui ne s’y rallient jamais ! Rêve général en sommeil dans des trains-couchettes qui se font rares. Les wagons lits s’envolent de nuit mais les écrits restent. Et au voyage au bout de la nuit, il vous faudra préférer un roman de gare… Allez donc chercher Louis-Ferdinand Céline égaré au milieu des Marc Levy et autre Katherine Pancol ! A mi- chemin entre la valse lente des tortues et des écureuils de Central Park, les voyageurs d’antan visualisaient parfois quelques éléphants roses aidés en cela par quelques substances psychotropes.

Sous l’empire colonial et sous l’emprise de l’opium qu’il suppose, la gare de Marseille devient en effet connue pour ses porteurs de valises de futurs rails de coke. Débarqués avec armes et bagages, voire sous valise diplomatique, ces stupéfiants qui peuvent assurer un bon train de vie entraînent aussi un train d’enfer qui se termine parfois en convoi funéraire…

 Mais nul croque-mort dans la nouvelle gare restaurée en 2007, seulement des croque-monsieur à la mode américaine dans un fast-food. Et si vous préférez les macaronis aux macs chicken, cette nouvelle halle Honorat héberge aussi le café Di Roma qui corrobore le dicton selon lequel tous les chemins de fer mènent à Rome… Sinon, pour atteindre la gare de Roma Termini, il vous en coûtera plusieurs centaines d’euros et plus d’une demi-journée de voyage car la logique ferroviaire abracadabrantesque impose un passage par Lyon ou Dijon au risque d’avoir la moutarde qui vous monte au nez ! Puis, par la bouche d’un voisin milanais, une information remontera même jusqu’à vos oreilles…

Milan est en effet la ville d’où est originaire un certain Charles Borromée. Sorte de Belsunce italien, cet évêque lombard s’est illustré, lui, pendant la peste milanaise de 1576. Et c’est à ce prélat canonisé par Paul V qu’une pieuse immigrée milanaise a dédié une chapelle à Marseille, au début du XVIIe siècle, baptisant ainsi le quartier Saint-Charles et sa future gare !

Michel Callamand – Chronique parue en 2010 dans l’éphémère journal en ligne newsofmarseille….

Nov
23

LE VIEUX-PORT – évocation historique

« Protis arrivât seul ; mais par un prompt renfort,

Nous voici un million aujourd’hui au Vieux-Port » !

 Voilà qui pourrait être l’adaptation historique et marseillaise des vers de Corneille… La légende dit en effet que Protis, un habitant de En savoir plus »

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